La chasse n’est pas un détail folklorique dans le Nivernais. Elle est un fait social majeur, un espace de cohésion, un lien intergénérationnel, un lieu où se rencontrent agriculteurs, artisans, retraités, salariés, habitants des bourgs comme des hameaux. Elle est l’un des rares points d’ancrage qui résistent à l’effacement progressif des services publics, des commerces et des lieux de sociabilité. Ignorer cela, c’est ignorer le territoire lui‑même.

C’est pourtant ce que fait trop souvent le Journal du Centre, en adoptant une ligne éditoriale qui semble davantage guidée par des réflexes militants que par la compréhension du terrain. En s’attaquant frontalement aux chasseurs, le journal ne vise pas seulement une pratique : il vise une population, une culture, une identité locale. Et ce choix n’est pas neutre. Il fracture, il oppose, il méprise.

Je l’ai déjà dit : on ne peut pas prétendre défendre le débat démocratique tout en refusant des droits de réponse. On ne peut pas se plaindre de perdre des lecteurs tout en les malmenant. On ne peut pas se présenter comme un acteur du territoire tout en caricaturant ceux qui le font vivre.

La Nièvre mérite une presse exigeante, mais honnête. Une presse qui contextualise au lieu de stigmatiser. Une presse qui écoute au lieu de juger. Une presse qui comprend que la ruralité n’est pas un décor, mais une réalité politique, sociale et humaine.

Le Cercle de Réflexion Nivernais continuera à défendre cette exigence. Nous continuerons à rappeler que la dignité des habitants n’est pas négociable. Nous continuerons à dénoncer les postures qui fracturent le territoire au lieu de le servir. Et nous continuerons à affirmer que la Nièvre n’a pas besoin de polémiques artificielles : elle a besoin de respect, de lucidité et de responsabilité.

Pascal LEPETIT

Président du Cercle de Réflexion Nivernais

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