C’est un défi pour le critique littéraire d’analyser des ouvrages locaux, proposés par de toutes petites maisons d’éditions ; les auteurs sont visibles sur Internet, mais ne se vendent que dans les librairies locales ou lors d’événements ciblés (conférence-dédicace, salon du Livre, etc.) ; sinon, on peut toujours contacter l’éditeur avec une adresse mail mentionnée au début du livre. Vous ne les trouverez pas sur Amazon.
En l’occurrence : il s’agit cette fois des Éditions du Nivernois, on peut leur écrire à editiondunivernois@gmail.com (sans accents ni majuscules). La Nièvre (où, malgré mes origines marseillaises, je vis depuis longtemps) comporte plusieurs petites maisons éditoriales de ce type, souvent patrimoniales.
L’auteur Thierry Chesneau est notamment connu comme journaliste et présentateur d’émissions culturelles sur RCF Nevers. Que vous soyez nivernais ou pas, vous pouvez toujours contacter RCF et Thierry Chesneau pour donner une interview ; ça m’est arrivé, l’équipe radio est adorable.
Aujourd’hui, je vais vous entretenir du petit roman fantastique de mon camarade Thierry Chesneau, bibliothécaire et auteur nivernais, qui a déjà eu les honneurs de la presse locale ; il s’agit d’Angélica : Le Secret des Pierres (mars 2026).
Ce roman est un huis clos presque toujours situé dans une vieille bâtisse du Morvan, où une famille banale subit des phénomènes paranormaux. Le roman flirte avec l’épouvante, mais sans excès. La maison, isolée, campagnarde, forestière, est hantée par une entité qui semble réclamer des mots, des souvenirs, des pensées, des vies parfois, mais nullement des âmes. Il ne s’agit pas de possession diabolique, l’entité n’est pas d’emblée meurtrière ; elle cherche plutôt à enrôler les habitants de la vieille demeure, à les envelopper de son propre malheur. Cette entité émane des profondeurs du paganisme, elle murmure parfois dans un dialecte gaulois oublié.
La Chose a poussé le mari – Jérôme – à la folie, et celui-ci s’est tué dans un accident de voiture, tragédie qui ouvre le roman avec le désespoir d’une femme, Angélica, et de ses deux enfants Tommy et Greta. L’entité a aussi la capacité de provoquer des hantises temporaires dans d’autres lieux, chez des personnages extérieurs qui s’intéressent au cas de la vieille maison. Mme Fernande Védrines, une sorte de magicienne locale, vient en aide à Angélica, lui apportant ses connaissances ésotériques : on assiste chez elle à quelques phénomènes étranges. Le Père Maurel, un prêtre aux allures d’exorciste, lui aussi ésotériste, prête assistance à Angélica, coopère avec Mme Védrines, et réussit notamment à convoquer et à interroger l’entité, cette fois lors d’un rituel extérieur, en forêt. L’entité vit au fond d’un cellier, une sorte de souterrain gardé par une porte en bois, qu’on croit, au début, condamnée.
Mme Védrines et le Père Maurel semblent posséder eux-mêmes des pouvoirs paranormaux et collaborent à une série de rituels de délivrance – qui n’ont aucune dimension chrétienne ou catholique. Certains aspects évoquent un satanisme, mais l’auteur nous aiguille plutôt vers une reviviscence de cultes païens. Le dernier rituel, au milieu de la maison, réussira-t-il à supprimer la hantise ? L’entité semble conservatrice, peut-être n’exige-t-elle qu’une chose : qu’on se souvienne des païens… Je ne vous en dis pas plus !
Florian Mazé
Article publié sur le site Agora Vox : « Angélica : Le Secret des Pierres » par Thierry Chesneau, auteur nivernais – AgoraVox le média citoyen
Pour se procurer l’ouvrage : editiondunivernois@admin4380 Au prix de 15 euros.
