On observe deux tendances :
- Les communes avec une seule liste, avec peu d’engouement, où les listes sont complétées au
forceps, surtout depuis ces nouvelles mesures de parité. - Les communes avec deux ou parfois trois listes, qui s’écharpent très souvent sur fond de
rancœurs personnelles, ou au mieux pour un vrai point de divergence communal.
Dans le premier cas, le faible engouement provient principalement du manque d’enjeu dans nos
petites municipalités, où presque toutes les grandes orientations sont prises par la Communauté de
Commune. Le reste du travail d’une équipe municipale d’un petit village de campagne, se résume
désormais principalement à fixer les dates des brocantes, les commémorations des conflits
mondiaux, et surtout, assumer plusieurs rôles de proximité que la décrépitude générale des services
publics ne permet plus.
Dans le second cas, l’animosité régnante ne se fait pas forcément autour des convictions politiques,
mais autour de rancœurs locales, rarement constructives et pénalisant dans la plupart des résultats
du scrutin la vie de village.
On regrette une société de citoyens avertis, soucieux du bien commun et un tantinet formé à la
chose publique, aux idées et aux réflexions politiques. Débattre dans un cadre apaisé, avec une vision
globale, faisant la part entre la personnalité de son concitoyen et le point de désaccord politique.
En raisonnant ainsi, on pourrait facilement dans nos petites bourgades s’affranchir des étiquettes
partisanes des mouvements politiques nationaux, afin de proposer dans chaque municipalités
plusieurs listes proposant différentes visions politiques basée sur les enjeux locaux. Et ces listes
municipales, devraient se concerter entre différents villages au sein d’une même Communauté de
Communes, nommant ainsi un projet Inter Communal afin d’apporter des projets et des débats
utiles, passionnants et crédibles, redonnant un peu d’enjeu. Il faut faire des listes municipales,
concertées sur des valeurs communes pour viser la gouvernance de la Communauté de Commune,
sans le concours des partis politiques.
Car un village n’ayant qu’une seule liste, c’est un légitime appel à l’abstention, qui sera la réponse
alors la plus légitime à ce camouflet de vie citoyenne.
Harold Blanot
